Extrait de "World Wide Women - Le net au féminin" de Yannick Chatelain et Marie Laure Caussanel

 

 

4ième de couverture :

Le Net sera féminin ou ne sera pas ! Encore minoritaires en Europe,les femmes prendront le pouvoir quantitativement en 2010. Dans le domaine des rencontres, elles donnent déjà le ton ! Qui sont les femmes sur le réseau ? Que veulent-elles ? Que recherchent-elles ? Que disent elles? Les dérives du Net, le mauvais traitement qui leur est infligé sur le réseau, le sexisme à outrance que la plupart des acteurs cautionnent donnent une image de la femme sur Internet parfaitement déformée : éloignée de sa réalité sociale et parfaitement sexiste ! La responsabilité est collective. Dans une société liberticide, la pornographie à outrance donne une illusion de liberté quand des libertés plus fondamentales disparaissent.L’État est-il complice ? La real économie et 70 milliards de dollars promis en 2006 laissent place à toutes les compromissions. S’il y a une fracture numérique, elle se retrouve lorsque l’homme rencontre la femme sur le réseau. Lorsque la lutte contre le sexisme devient une lutte contre le capitalisme.Les auteurs sont allés à la rencontre de femmes, au travers de ces témoignages, loin des lieux communs ; les femmes se reconnaîtront, les hommes nous l'espérons s’interrogeront, comprendront peut-être que le Net n’est pas le refuge de Narcisse ! Que les femmes n’attendront pas 2010 pour exister et sur-exister ! Qu’il y a d’autres combats à mener et certainement pas contre la femme, parce que ceux qui engageront ce combat, qu’ils en soient prévenus, le perdront !


Marie Laure CAUSSANEL est psychanalyste et fait partie des topologues lacaniens. Ses recherches depuis plus de 10 ans portent sur la dépendance, l’excès et l’écriture. Elle se veut appartenir à une nouvelle génération d’analystes qui parle Je. C’est aussi une femme.
Yannick CHATELAIN est directeur du département des enseignements appliqués dans une Grande Ecole, essayiste, auteur de nombreux ouvrages. Enseignant chercheur en stratégie et marketing expert reconnu dans le domaine des nouvelles technologies. Diplômé de l’ESCG et docteur en gestion à l'Université de Newcastle upon Tyne. Il poursuit actuellement une thèse de sociologie à l’université de Montpellier. Son travail actuel en sociologie sous la direction de Jean Bruno Renard porte sur la liberté d’expression et le contrôle social sur le réseau des réseaux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour la rencontre/signature du 13 septembre 2007 "Aux cercles bleus"... J'ai bien l'intention de vous lire et commenter cet extrait, que je livre ici... Un peu ardu c'est vrai, un fondement, alors ça mérite explications !! Pour commencer (mes explications) c'est le 1er texte (c'est par là que je commence dans le livre) qui fait enfait commentaire de ce que j'ai lu de la partie écrite par mon co-auteur, Yannick Chatelain, où il fait la proposition suivante : notre démocratie est-elle une pornocratie (au vue des revenus de la pornographie qui financent les développement techniques d'internet mais il n'y a pas que ça bien sur... ça parle de positionnement politique, sociétal) ?

Sexisme en Réseau : ce que dit la psychanalyste (page 75)

Bonjour.

Bonjour les gats.

Bonjour les dégats.

Hun hun.

Oui. Donc. La démocratie une pornocratie ? Si je résume : La femme, ce n'est qu'une image... au minimum elle est payante, au mieux elle s'anime. En somme, la femme 3D n'existe pas, (sauf maman bien sur, mais maman ce n'est pas une femme). Et chacun est libre de choisir (que dis-je, d'acheter ou vendre) l'image qu'il veut. C'est ça le libre échange, issue de la révolution sexuelle. Je suis bonne là ? Ah j'oubliais, ceux qui vendent les images, ce ne sont pas des femmes, mais d'autres hommes. Mieux dit, ce sont les hommes qui vendent leurs images aux hommes.

Oui bien sur. Aïe, aïe, aïe. Il y a du boulot là. mais qu'est-ce que je fais là, pourquoi je suis venue aujourd'hui... Je pense qu'à proprement parlé ça s'appelle ça s'appelle « être dans la merde »... être dans une certaine réalité du virtuel, assez..., je vais commencer par dire « différente » de la réalité du virtuel, d'une part, et d'une certaine virtualité de la réalité, d'autre part. Bien. Je vous ai bien embrouillé là ? Bon. Nous allons pouvoir commencer à poser le vrai des fausses questions. Pourquoi l'homme se réduit ainsi ? A un tel point qu'il cherche par tous les moyens à oublier qu'il a une femme. Tellement, que ça l'obscède. Elles sont si ennuyeuses que ça ? D'accord. Ne criez pas si fort. J'ai entendu. Mais je ne comprends plus, ce ne sont pas elles, les victimes normalement ? Ah ! Si je comprends bien, les hommes souffrent des non-femmes (ou non-hommes ?) victimes des hommes. Quelle souffrance partagée finalement ! Et encore je n'ai pas parlé d'amour... vaut mieux pas que j'entame le sujet maintenant... parlons de l'a-mur. J'aimerais rappeler des petites choses, sans être à cette place de maîtresse... d'école, merci. « Les images parlent » - c'est bien pour ça qu'elles vous font de l'effet, hé, là je suis sûre de ne pas me tromper, et « les murs ont des oreilles » - c'est bien pour ça qu'on s'adresse à elles, à eux, non, à elles, bref, que nous pouvons écrire dessus. Le mur ou l'écran des malentendus. Alors supposons, et ce n'est qu'une hypothèse, que la femme existe. Exemple, justement, que se passe-t-il lorsque vous rencontrez une femme sur internet ? Je n'ai pas dit « regarder » mais « rencontrer ». Elle ne vous répond pas ? Aïe... c'est donc vrai qu'elle n'existe pas... dommage finalement... Et puis tout à coup, venant d'on ne sait où... « Allo ? » Oulàlà ça fait tout bizarre... C'est presque plus violent qu'un homme ! Elle vous parle... dit quelque chose ? Dites quelque chose ! Euh.. quoi ? « Si je te montre mon sexe, tu me montreras le tien ? »  Elle a coupé... Zut ! Vous ne comprenez décidément pas, parce que votre sexe est super beau, riche, grand, fort, puissant, intelligent... ce n'est pas ce qu'elle veut ? Mais qu'est-ce qu'elle veut de plus ? Les crans des malentendus. « Bonjour ma chérie, comment vas-tu ?. ».. Qu'est-ce qu'elle veut de plus ? Bon... Très bien. « Alors, dis-moi ce que tu veux... »

Est-ce que tout cela, expliquerait, pourquoi, la femme, aujourd'hui, recherche, despérément, à exister ? La légitimité de la psychanalyste est de « dire les choses »... mais qui m'a dit ça ? La légitimité de la psychanalyste est de « dire les choses » non ? Alors la seule chose que l'homme puisse avoir... Je vous dirais ça tout à l'heure... Ecoutons Yannick. Ah ça y est, ça me revient, c'est Yannick qui me l'a dit...

ps : je vous redonne les coordonnées pour le 13 septembre :  http://www.auxcerclesbleus.com/

 

Marie laure caussanel

Yannick Chatelain

Note : Un remerciement tout particulier à mon co-auteur Yannick Chatelain qui de l'autre coté, de son écran, de sa profession, de sa contrée, a su regarder avec beaucoup d'humanité le déroulement de mon texte. Une complicité internet pour un sujet internet. Je suppose que c'est là une force qui ne peut que résonner comme "vrai" dans ce livre.

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