CASH de Nanterre

Résumé

Formation « Que dois-je faire : il/elle boit » auprès de 80 professionnels des structures d'accueil du CASH de Nanterre



En résumé ce qui me paraît essentiel :


L'accueil de Nanterre a une singularité « choc », une force par rapport à toutes les autres institutions du genre, et qui peut faire état d'un statut phare au niveau européen : cette l'unique structure qui « permet l'alcoolisation ». Entre guillemet car il ne s'agit pas d'une permissivité officielle - les textes officiels de cette structure s'alignent sur les textes dit « normaux » de ces structures, c'est à dire l'interdiction de la consommation d'alcool à l'intérieur de la structure.


Une question s'impose du fait de cette particularité et qui fait valoir cette institution à la source : si l'accueil de Nanterre n'accueillait pas ces « déchets des déchets » c'est à dire des personnes sans domicile fixe exclues des autres institutions qui ont pour mission de s'occuper des sans domicile fixe où là la réglementation au niveau de la consommation d'alcool est strictement appliquée, où iraient-elles ?


Entre cette permissivité officieuse et ces textes officiels plusieurs problèmes s'en extraient :



Tous ces problèmes se nouent à une logique qui se doit d'être clairement identifiée.

La permissivité vient de consensus :


L'institution à mon sens à tout à fait intérêt de faire valoir que l'alcoolisation est une responsabilité que chacun prend (chacun a le droit de boire ou de ne pas boire) MAIS certaines lois doivent être respectées :

ce n'est pas le fait d'être alcoolisé qui doit être sanctionné mais le fait de gêner autrui ou de dégrader les lieux ou les relations. Autant ils pourront se défendre contre l'interdiction de l'alcoolisation… « légitimement » («  j'ai le droit de boire », « je ne me souviens pas ») autant ils ne pourront que s'expliquer sur la dégradation des lieux ou des relations.

Pour exemple cette question qui est revenue souvent : c'était le service de surveillance qui ramassait les bouteilles (vides) maintenant qu'ils ne sont plus là « ces cadavres » encombrent les sols, alors qui doit ramasser les bouteilles ? Normalement dans la société c'est celui qui consomme qui gère ses déchets. Alors pourquoi n'en feraient-ils pas de même ?


L'institution doit pouvoir soutenir qu'il y a d'autres manières de se confronter à son angoisse, en parlant et/ou en se donnant les moyens de pouvoir réorganiser son plaisir et son désir. C'est là il me semble qu'il y a à inventer pour responsabiliser les usagers au lieu de les assister complètement et organiser une cohésion des différents services et professionnels, quitte à redéfinir les missions des différents professionnels.


D'autre part ces professionnels confrontés d'une manière exemplaire à la détresse et à l'angoisse ont besoin d'être soutenus dans leurs actes professionnels et leurs réflexions par rapport à leur mission et difficultés relationnelles rencontrées.


La logique développée par les formateurs de « Que dois-je faire : il/elle boit » et transmise auprès de ces 3 groupes est la suivante :


En conclusion je peux dire que cette formation m'a aidé à venir confirmer ce que nous pouvons vérifier dans notre pratique privée mais ici à un niveau institutionnel : ce n'est pas l'objet alcool qui est en cause ou la cause mais la question de la responsabilité et la difficulté des relations humaines, c'est à dire « que dois-je faire ? » ou « que dois-je dire ? ».

Je suis très fière d'avoir pu faire une formation dans ce lieu unique en Europe.

 

Ivry, le 20 mars 2003, Marie Laure Caussanel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

>